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J’exerce la profession de marchand d’Art depuis plus de 15 ans déjà. J’ai été courtier, agent de peintres, puis directeur de galeries de réputations internationales en France. Quand j’analyse finement le « marché » dans lequel je travaille au quotidien, j’arrive toujours à la même conclusion :
Il y a pléthore d’artistes dont l’énorme majorité se bat pour plaire, souvent au détriment de la Vraie Création. On compte un grand nombre de galeries et de professionnels, mais seuls quelques-uns seulement osent encore défendre la Vraie Nouveauté.
Notre chère clientèle  n’achète souvent plus que des oeuvres d’artistes dont on peut trouver trace dans les catalogues de salles des ventes européennes ou américaines. Ces collectionneurs sont oublieux du principe même de collection : se faire confiance, accepter de se laisser surprendre par l’Aventure Vraie, c'est-à-dire par le travail d’un artiste inconnu qu’on a l’immense RESPONSABILITÉ de faire vivre, vraiment, en l’intégrant  dans sa collection.
Bref, l’univers de l’Art est actuellement sans surprise, car pour tous ne compte désormais qu’une chose : durer sans risquer.
Natif  du Maroc, je cherchais malgré moi ces dernières années à ‘’revenir au pays’’, mais il me fallait une raison ‘’honorable’’  pour tout quitter.
C’est dans le courant de l’année 2005 que je l’ai enfin trouvé : promouvoir la Peinture Marocaine, mais pas n’importe laquelle…
Petit retour historique et  simpliste (pardon aux puristes)  sur la peinture au Maroc :
Vous la connaissez la peinture dite « Orientaliste » ? Ces scènes de médinas animées, ces courses éclatantes de chevaux écumants et de cavaliers richement vêtus ? Les artistes étrangers ont toujours aimé le Maghreb, de Gérôme à Washington, en passant par Edy-Legrand et Rousseau, Matisse et Majorelle. Si tous l’ont peint, on connaît moins les peintres locaux des premières heures, et pour cause : leur art (exceptionnel) est naïf, enfantin (pur), sans le faste des toiles des prodiges des écoles étrangères. Pas d’école des arts  d’ailleurs, pour les artistes marocains de cette période là. Vinrent ensuite les peintres « Voyageurs » dans l’autre sens, ceux-là même qui s’en furent se  frotter  aux  Cobras,  Gestuels,  Symbolistes  ou  Abstraits  de Paris, Amsterdam ou Rome, et qui  revinrent au Maroc prolonger sur la toile des « Gestes Mentaux » riches de significations universelles. Et aujourd’hui, me direz-vous ? pour le touriste pressé, il y a bien-sûr et c’est bien, la toile de l’artiste pressé, celle qu’on achète et qu’on roule dans un placard, étagère « souvenir du voyage au Maroc », et qui ressemble – très  lointainement -  aux  stars des musées occidentaux. Mais il y a autre chose… le meilleur… ?
Des artistes, des talents, des hommes libres, sincères et capables, vivent et produisent ici.  Mohammed Mansouri Idrissi est  l’un d’eux.
Explication :  Mansouri a une parfaite connaissance de la peinture orientaliste des grands maîtres européens, il a cerné la fantastique créativité des artistes marocains des premiers temps, s’est lui-même immergé dans le milieu des arts à l’Étranger, et par sa capacité à synthétiser cette énorme somme de richesses,  nous offre désormais un travail unique, original, d’une maîtrise sans faille et cependant empreinte d’une POÉSIE toute marocaine. Il allie les couleurs à merveille, « mûrit » un thème personnel qu’il décline enfin dans une série de toiles sans jamais se répéter. Comme un poème s’enrichie de la force et du mariage des mots, sa peinture se comprend,  se lit et s’apprécie par l’observation amoureuse de l’ensemble de ses œuvres.
De mon point de vue, Mansouri est aujourd’hui  au Maroc uns des  rares artistes à ÉTONNER dans  la durée, à SÉDUIRE  par sa constance. D’ailleurs, et d’où mon optimisme, son travail est entré dans un nombre impressionnant de collections sérieuses, de ces collectionneurs que j’aime, car  intelligents et terriblement vivants, je veux dire SENSIBLES …
Regardez, et vous serez comme moi, heureux d’être   en admirateur agissant !
                                                                 Eric DESTOBBELEIRE
                                                 Directeur de la société
   «Entrée Des Artistes»
  Rabat, le 25 Mai 2006